MUFU_img4
Illustratation by Salih Gürkan Cakar

Lettre de Makan à sa fiancée Leen – 2042

Quand Yusuf (Joseph) dit à son père: « Ô mon père, j’ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi. » Sourate 12, verset 4.

Ma chère Leen,

Ici, la nuit tombe sur Paris, et tout semble étrangement calme, presque suspendu. C’est souvent dans ces moments que je pense à toi, à Berlin. Je t’imagine chez tes parents peut-être en train de lire mes mots avec ta maman.

Depuis notre rencontre à Dubaï, à ce colloque sur le futur, je n’ai pas cessé de réfléchir à une question: qu’est-ce qui fait l’unité du vivant ? Ce moment proche du désert, dans cette ville, et cette conversation avec toi ont allumé quelque chose en moi.

Et puis, il y a eu ce rêve. Pas un rêve ordinaire, Leen. C’était puissant, clair, comme si tout ce que je cherchais à comprendre trouvait enfin sa place. Je me suis réveillé avec une certitude : je devais t’écrire. Je savais que toi tu pourrais comprendre. Ce rêve était une sorte de message. Une ouverture vers quelque chose de plus grand.

Nous étions à la Mecque, main dans la main, tournant autour de la Kaaba. Ton visage était resplendissant. Notre amour était à son comble. Chaque pas que nous faisions autour de la Kaaba scellait l’éternité de nos âmes. J’entendais des cantiques portés par la pierre noire et les cœurs des pèlerins chantaient à l’unisson. Tout chantait pour nous. Et dans cette danse sacrée autour de la Kaaba, je comprenais que l’unité n’était pas quelque chose à chercher, mais à ressentir.

Les scientifiques appellent ça une “théorie du tout”, une équation pour expliquer l’univers entier. Mais cette nuit-là, j’ai compris que ce n’est pas seulement l’univers qui cherche à s’unifier. Nous aussi. Chacun de nous porte en lui des fragments de passé, de présent et d’avenir, des morceaux de douleur, de joie, d’espoir. Et notre quête, au fond, c’est de les assembler.

Tu es pour moi ce fil invisible qui relie toutes mes pensées. Ton sourire, nos échanges, cette lumière que tu apportes à mes jours les plus ternes… tout cela me pousse à croire que, même dans un monde en apparence chaotique, il existe une unité à découvrir. Toi et moi, Leen, sommes peut-être ce point de convergence. Je ne sais pas comment l’expliquer autrement.

Je repense souvent au film Everything Everywhere All at Once, celui que nous avions évoqué lors de notre premier café à Dubaï. Evelyn, cette femme perdue entre des multivers et ses propres regrets, m’a beaucoup fait penser à nous, à nos propres fragments à recoller. Mais ce que j’ai retenu de ce film, c’est que l’amour, la compassion et l’ouverture sont les réponses.

Leen, ce rêve n’était pas qu’une théorie. Je crois que le futur, ce TURFU dont je parle si souvent, ne se résume pas à des technologies ou des concepts. Je veux partager quelque chose avec toi, quelque chose de profondément personnel, presque intime.

Il y a eu un moment dans ma vie où je me sentais totalement étranger à moi-même et au monde. C’était comme si chaque choix que j’avais fait, chaque chemin emprunté, m’avait éloigné de ce que je suis réellement. Je vivais avec une sensation d’étouffement, dans une existence fragmentée où rien ne semblait vraiment à sa place. C’était étouffant, presque insoutenable. Mais ce n’étaient pas les contradictions de ma vie qui me détruisaient. Non, c’était mon refus de les voir pour ce qu’elles étaient : des forces complémentaires, deux faces d’une même pièce.

Je passais le plus clair de mon temps à répondre aux attentes des autres : l’école qui prétendait définir mon avenir, la famille avec ses attentes silencieuses, et ce marché du travail qui voulait dicter ma valeur. Je m’étais conformé à tout, sauf à une chose essentielle : répondre à cette question brûlante en moi : Quel est mon désir le plus profond ?

Ce que je cherchais, sans le savoir à l’époque, c’était une quête de béatitude, de plénitude, et de complétude. Simplement cela. Ni plus, ni moins.

Aujourd’hui, je crois que cette recherche n’est pas seulement la mienne. C’est une quête universelle, celle qui nous pousse à dépasser les fragments de nous-mêmes et du monde pour toucher à quelque chose de plus grand, une musicalité primordiale.

Ce chemin, Leen, n’a rien de spectaculaire en apparence. Mais c’est dans sa simplicité que je trouve mon bonheur. Être pleinement, totalement, peu importe l’état du monde extérieur. C’est ça que j’ai compris, et c’est ça que je veux vivre avec toi.

Tu sais, dans ce monde où tout semble éclaté, où les contradictions s’accumulent, cette quête d’unité est devenue essentielle. Elle n’est pas une idée abstraite. Elle est une clé, un moyen de transformer notre rapport à nous-mêmes, aux autres, et à la vie.

J’en suis convaincu : réconcilier toutes les dimensions de notre existence en une seule vision est possible. Ce rêve, cette théorie du tout dont je t’ai parlé, c’est ça. Une unité cohérente qui nous permettrait d’alléger le poids du passé, de réconcilier ce qui semble inconciliable, et de relier passé, présent, et futur dans une continuité douce et apaisée.

Ce n’est pas juste une réflexion ou une belle idée. C’est une promesse, une voie vers des transformations réelles :

  1. Guérir les traumatismes : Alléger les poids que nous portons, même ceux que nous n’avons pas choisis.
  2. Réconcilier les oppositions : Apprendre à intégrer ce qui semble inconciliable en nous et dans nos vies.
  3. Harmoniser le temps : Relier passé, présent, et futur pour en faire une histoire fluide et cohérente.
  4. Éveiller des émotions profondes : Retrouver la beauté, l’amour, et cette extase qui rendent chaque moment vivant.

Un jour, j’ai compris que cette quête d’unité pouvait redéfinir la manière dont je voyais le monde. Ce n’était pas une révélation soudaine, mais plutôt une prise de conscience qui s’est imposée doucement, comme une évidence qu’on finit par accepter.

Leen, ce que j’ai compris, c’est que cette quête d’unité n’est pas seulement personnelle. Elle dépasse l’individu, elle s’étend au collectif. Dans un monde qui semble toujours plus fragmenté, où les divisions s’accentuent et où nos imaginaires se rétrécissent, cette quête est une réponse. Elle nous invite à transcender les barrières, à réinventer nos récits, et à construire des futurs où la cohérence et la beauté ne sont plus des exceptions, mais des fondations.

C’est un chemin qui guérit, mais qui crée aussi. Un voyage intime qui devient un geste universel, une façon de réconcilier non seulement nos vies, mais aussi nos relations et nos visions partagées. Et pourtant, je sais qu’il y a des fragments en toi, des morceaux peut-être encore à assembler, tout comme il y en a en moi. Alors, je te pose cette question : et si tu commençais, dès aujourd’hui, ce voyage vers l’unité ? Pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais pour te retrouver pleinement. Pour voir que tout ce que tu es, tout ce que tu as vécu, tout ce que tu espères encore, est déjà en harmonie.Je pense souvent à toi lorsque mes réflexions prennent des chemins sinueux, comme si ta présence depuis Berlin éclairait mes pensées à Paris. C’est là qu’est née ma réflexion sur la théorie du tout.

Qu’est-ce que la théorie du tout

Les scientifiques parlent d’une Theory of Everything (ToE) : une hypothèse ambitieuse qui vise à unifier toutes les lois fondamentales de la nature. Mais, tu me connais, je ne peux pas m’arrêter à cette vision scientifique. J’y vois une métaphore, un modèle qui peut s’étendre à notre monde intérieur, à nos émotions, et à nos rêves.

Une théorie du tout à partir de l’imaginaire, voilà ce qui m’obsède. Je crois que l’imaginaire est le fil conducteur qui peut relier toutes les dimensions de l’existence : scientifique, spirituelle, émotionnelle, et culturelle. C’est cet espace commun où nos perceptions humaines et nos constructions symboliques se rencontrent.

En reliant les rêves, les mythes, les contes, les traditions et les récits, cette théorie devient un pont entre nos mondes intérieurs et extérieurs. Elle unifie les opposés : rationnel et irrationnel, lumière et ombre. Elle fait de nous les créateurs d’une réalité belle et cohérente.

Un défi partagé

Le défi, et peut-être le cœur de cette lettre, est de comprendre comment nos outils symboliques et imaginaires – les rêves, les mythes, et les récits – peuvent nous aider à construire une vision unifiée de la réalité.

Une théorie du Tout née de l’exil

Leen, ma théorie du Tout, je l’ai inventée pour me réparer. Elle est née du regard d’un enfant d’immigré malien, de ce besoin urgent de se réapproprier le réel, de l’inventer, et de ne plus jamais se sentir étranger.

Mais cette quête n’est pas seulement individuelle. C’est un moyen de revitaliser un imaginaire collectif, de réanimer ces récits qui nous relient les uns aux autres et à quelque chose de plus grand. Les rêves sont au cœur de cette démarche : ils nous rappellent que même dans la dispersion apparente, tout est déjà là, prêt à être réuni.

Ma chère Leen, J’ai souvent repensé à Hawa, cette femme que j’ai rencontrée il y a quelques années, et à ces mots qu’elle m’a confiés : « Je ne rêve plus… Le monde ne me laisse pas la place d’espérer autre chose. » Ces mots, simples et douloureux, m’ont laissé un sentiment de révolte et d’injustice. Ils m’ont aussi fait comprendre quelque chose de fondamental : plus une personne se sent marginalisée, plus elle se coupe de cette quête d’unité.

Les rêves, qui devraient être des refuges, des guides pour transcender nos blessures et limitations, deviennent alors inaccessibles. Ils sont ensevelis sous le poids des exclusions et des récits oppressifs que la société impose.

Leen, tout le monde ne bénéficie pas de ce pouvoir des rêves. Les personnes marginalisées font face à des obstacles qui ne sont pas seulement extérieurs – comme les discriminations ou les inégalités économiques – mais aussi intérieurs. L’intériorisation du rejet, de l’échec ou de l’indignité les empêche souvent de rêver, de se projeter dans d’autres possibles.

Ces récits d’exclusion ne viennent pas toujours des autres. Parfois, ce sont les individus eux-mêmes qui se les racontent, enfermés dans une spirale où l’imaginaire se réduit à une simple survie. Le manque d’espaces sécurisés pour exprimer ses peurs, ses désirs et ses aspirations alimente ce cercle vicieux, éloignant ces personnes de leur potentiel créatif et de leur capacité à trouver un sens profond à leur existence.

Leen, les traumas collectifs et personnels – guerres, oppressions systémiques, discriminations – laissent des cicatrices profondes. Ces blessures isolent non seulement les individus, mais parfois des communautés entières de leur quête d’unité. Pourtant, je crois que les rêves ont un rôle clé à jouer dans la guérison de ces blessures.

Les rêves nous permettent de revisiter nos traumas, de les recontextualiser et, surtout, de les transformer en récits porteurs de sens. C’est à travers ce processus que nous pouvons ouvrir des portes vers une réconciliation intérieure et créer un nouveau lien avec le vivant. Les rêves transcendent les frontières du passé, du présent et du futur. Ils nous rappellent que, même dans les moments les plus sombres, il existe un espace où nous pouvons encore imaginer et créer.

Et si le Qoran avait été un long rêve ?

Et si, en toi, il y avait un Yusuf, ce rêveur, ce prophète qui voit dans l’invisible les clés d’une réalité à transformer ?

Et si, en toi, il y avait une parcelle prophétique, un éclat d’imaginaire, une lumière qui cherche l’unité ?

Le voyage commence avec toi, ma douce.

Cette nuit, que te raconteras tes rêves ?

Avec tout mon amour,
Makan

Letter from Makan to his fiancée Leen – 2042

When Yusuf (Joseph) said to his father: ‘O my father, I saw [in a dream], eleven stars, and also the sun and the moon; I saw them prostrate before me.’ Sura 12, verse 4.

My dear Leen,

Night is falling here in Paris, and everything seems strangely calm, almost suspended. It’s often at times like this that I think of you in Berlin. I imagine you at your parents’ house, perhaps reading my words with your mother.

Ever since we met in Dubai, at that conference on the future, I’ve never stopped thinking about one question: what defines the unity of life? That moment near the desert, in that city, and that conversation with you ignited something inside me.
And then there was that dream. No ordinary dream, Leen. It was powerful, clear, as though everything I’d been trying to understand was finally falling into place. I woke up with a certainty: I had to write to you. I knew you would understand. This dream was a kind of message. An opening to something greater.

We were in Mecca, hand in hand, circling the Kaaba. Your face was glowing. Our love was at its height. Every step we took around the Kaaba sealed the eternity of our souls. I could hear hymns carried by the black stone and the hearts of the pilgrims sang in unison. Everything was singing for us. And in this sacred dance around the Kaaba, I understood that unity was not something to be sought, but felt.
Scientists call it a ‘theory of everything’, an equation to explain the whole universe. But that night, I realised that it’s not just the universe that’s looking for unity. We too are seeking unity. Each of us carries within us fragments of past, present, and future, pieces of pain, joy, and hope. And our quest, deep down, is to bring them together.

For me, you are the invisible thread that links all my thoughts. Your smile, our exchanges, the light you bring to my dullest days… all these things encourage me to believe that, even in a seemingly chaotic world, there is a unity to be discovered. Perhaps you and I, Leen, are that point of convergence. I don’t know how else to explain it.

I often think of the film Everything Everywhere All at Once, the one we talked about at our first café in Dubai. Evelyn, this woman lost between multiverses and her own regrets, reminded me a lot of us, of our own fragments that we have to put back together. But what I retained from this film is that love, compassion, and openness are the answers.
Leen, this dream wasn’t just a theory; I believe that the future, this TURFU that I talk about so often, is not just about technologies or concepts. I want to share something with you, something deeply personal, almost intimate.

There was a time in my life when I felt totally alien to myself and the world. It was as if every choice I had made, every path I had followed, had led me further from who I truly am. I lived with a sense of suffocation, in a fragmented existence where nothing truly seemed in its place. It was suffocating, almost unbearable. But it wasn’t the contradictions of my life that were destroying me. No, it was my refusal to see them for what they were: complementary forces, two sides of the same coin.

I spent most of my time meeting the expectations of others: school, which claimed to define my future; my family, with its silent expectations; and the job market, which wanted to dictate my worth. I had conformed to everything, except for one essential thing: answering that burning question inside me: What is my deepest desire?
What I was looking for, without knowing it at the time, was a quest for bliss, fulfilment and wholeness. Simply that. Nothing more, nothing less.

Today, I believe that this quest is not just mine. It’s a universal quest, one that drives us to move beyond the fragments of ourselves and the world to touch something greater, a primordial musicality.
There’s nothing spectacular about this path, Leen. But it is in its simplicity that I find my happiness. Being fully, completely, no matter the state of the external world. That’s what I’ve understood, and that’s what I want to live with you.
You know, in this world where everything seems to be splintered, where contradictions accumulate, this quest for unity has become essential. It is not an abstract idea. It is a key, a way to transform our relationship with ourselves, with others, and with life.

I am convinced that it is possible to reconcile all the dimensions of our existence in a single vision. This dream, this theory of everything I’ve spoken to you about, is that. A coherent unity that would allow us to lighten the weight of the past, reconcile what seems irreconcilable, and connect past, present, and future in a gentle and serene continuity.

It’s not just a thought or a nice idea. It’s a promise, a path to real transformations:

    1. Healing traumas: Lightening the burdens we carry, even those we have not chosen.
    2. Reconciling opposites: Learning to integrate what seems irreconcilable in ourselves and in our lives.
    3. Harmonising time: Linking past, present, and future to create a coherent, fluid story.
    4. Awakening deep emotions: rediscovering the beauty, love, and ecstasy that make every moment come alive.

One day, I realised that this quest for unity could redefine the way I saw the world. It wasn’t a sudden revelation, but rather an awareness that gently asserted itself, like an obvious fact that you come to accept.

What I have understood, Leen, is that this quest for unity is not just personal. It goes beyond the individual and extends to the collective. In a world that seems ever more fragmented, where divisions are deepening and our imaginations are shrinking, this quest is a response. It invites us to transcend barriers, to reinvent our narratives, and to build futures where coherence and beauty are no longer exceptions but foundations.

It’s a path that heals but also creates. An intimate journey that becomes a universal gesture, a way of reconciling not only our lives but also our relationships and shared visions. And yet I know that there are fragments in you, pieces perhaps yet to be assembled, just as there are in me. So I ask you this question: what if you began this journey towards unity today? Not to become someone else, but to find yourself fully. To see that everything you are, everything you have lived, everything you still hope for, is already in harmony. I often think of you when my reflections take winding paths, as if your presence in Berlin were illuminating my thoughts in Paris. That’s where my thoughts on the theory of everything began.

What is the Theory of Everything?

Scientists talk about a Theory of Everything (ToE): an ambitious hypothesis that aims to unify all the fundamental laws of nature. But, you know me, I can’t stop at this scientific vision. I see it as a metaphor, a model that can extend to our inner world, our emotions, and our dreams.

A theory of everything based on the imaginary is what obsesses me. I believe that the imaginary is the thread that can link all the dimensions of existence: scientific, spiritual, emotional, and cultural. It is the common space where our human perceptions and our symbolic constructs meet.
By linking dreams, myths, tales, traditions, and stories, this theory becomes a bridge between our inner and outer worlds. It unifies opposites: rational and irrational, light and shadow. It makes us creators of a reality that is both beautiful and coherent.

A shared challenge

The challenge, and perhaps the heart of this letter, is to understand how our symbolic and imaginary tools – dreams, myths and narratives – can help us construct a unified vision of reality.

A theory of everything born of exile

Leen, my theory of everything – I created it to repair myself. It was born from the gaze of a child of a Malian immigrant, from the urgent need to reclaim reality, to invent it, and to never again feel like a stranger.
But this quest is not just an individual one. It’s a way of revitalising a collective imagination, of reviving the stories that link us to each other and to something greater. Dreams lie at the heart of this process: they remind us that even in the apparent dispersion, everything is already there, ready to be reunited.

My dear Leen, I’ve often thought about Hawa, the woman I met a few years ago, and the words she confided to me: ‘I no longer dream…The world leaves me no space to hope for anything else’. These words, simple and painful, left me with a feeling of revolt and injustice. They also made me understand something fundamental: the more marginalised a person feels, the more they become cut off from this quest for unity.

Dreams, which should serve as refuges and guides to transcend our wounds and limitations, instead become inaccessible.They are buried under the weight of the exclusions and oppressive narratives that society imposes.

Leen, not everyone benefits from the power of dreams. Marginalised people face obstacles that are not only external – such as discrimination or economic inequality – but also internal. The internalization of rejection, failure, or unworthiness often prevents them from dreaming, from projecting themselves into other possibilities.

These stories of exclusion do not always come from others. Sometimes it is the individuals themselves who perpetuate these narratives, trapped in a spiral where the imagination is reduced to mere survival. The lack of safe spaces to express their fears, desires, and aspirations feeds this vicious circle, pushing them further from their creative potential and their ability to find profound meaning in their lives.

Leen, collective and personal traumas – wars, systemic oppression, discrimination – leave deep scars. These wounds isolate not only individuals, but sometimes entire communities from their quest for unity. Yet, I believe that dreams play a key role in healing these wounds.

Dreams allow us to revisit our traumas, to recontextualise them, and above all, to transform them into meaningful stories. It is through this process that we can open doors to inner reconciliation and create a new link with the living. Dreams transcend the boundaries of past, present and future. They remind us that, even in the darkest moments, there is a space where we can still imagine and create.

What if the Quran had been one long dream?

What if, inside you, there was a Yusuf, that dreamer, that prophet who saw in the invisible the keys to a reality to be transformed?

What if there was a prophetic fragment in you, a glimmer of the imaginary, a light that seeks unity?

The journey begins with you, my dear.

Tonight, what will your dream tell you?

With all my love,
Makan

Hum of Our Hearts
(Un-)freie Zukünfte: Rechtsvorstellungen in den Grenzen der Vergangenheit
Trotzdem – über Imagination als politische Praxis
How to Make Scents of the Future
“Für alles, was nicht ist, aber sein könnte..”
On Grieving
Black Evolutionist Manifesto
Die Archivierung von Zukünften und die Politiken der Archivierung.
Looking into your defiant eyes, I seek comfort in the unknown.
By the Time: Imagining Futures, Disrupting Epistemologies
Linking pasts, presents and futures in a quest for unity
On Beginnings: A reflection on Muslim Futures
Editorial Letter: Muslim Futures — Weaving Dreams beyond Times and Spaces
Foreword: Muslim Futures – Envisioning the In-Betweens
Letter from the editors
Interview: The hidden toll of women in content moderation
A fight for generations
Visions of the unseen architect
Stories for Revolution
Obtrusive Relationships
Gathering Multitudes: A bag of stars
Fugitive Memory: for Tu’i Malila
“The Quizumba is On”: Technological Appropriation by Black Women in the Amazônia
No
Big Green Lies
Letter from the Editors
A guide to the visceral science of time travel
The Unbounded Quest
An interview with Joana Varon
An interview with Jonathan Torres Rodríguez
An interview with futures leader Anab Jain
Where would you like to place your pet giraffe?
Afropresentism – On Incantation and the Machine
Letter from the Editors
A Few Notes on the Cult of Sylphis
Speculative Tourism
Letter from the Editors
Tending to wildness: field notes on movement infrastructure
Aveia, espaçonaves, uma folha de babosa, uma pélvis: fui coletar trechos Oats, spaceships, an aloe leaf, a pelvis: I went to collect parts of the future and decided to turn around.
Προφορικό ποίημα για την προέλευση των Δικτύων Εμπιστοσύνης Narrative Poem about the Origins of Networks of Trust
The Battle to Control the Carbon Media Cycle
Archive of Disappearances
Prototyper la Banlieue du TURFU et transcender la réalité
To Become Undone
Digital artivism: pictures worth thousands of words
Ratios / Proporciónes
Shadow Visions
Letter from the Editor
Future Perfect Continuous
Be Water –  Insights into the Hong Kong protest movement
Care in a techno-capitalist world
HammamRadio, your feminist-love radio station
One Vision, One World. Whose World Then?
Play, imagine, build – the collective verbs
Venezuela – the dual crisis
Letter of the Editor
Terraforms – Or, How to Talk About The Weather
On Persistence: The Past Art/Works of An/Other Future
What the Enlightenment Got Wrong about Computers
Community Learning at Dynamicland
Imagining a Universal Declaration of Digital Rights
An interview with Audrey Tang
Dream Beyond the Wounds
The Blurring
More than HumanCentered Design
The Unpredictable Things
When the Path We Walked Blocks Our Ways Forward
Letter of the Editor
A viewpoint on Craft and the Internet
Who Controls the Internet?
Ethical Tech around the World
Interview with Gillian Crampton Smith
Life & Death
Typographic Craft
The Internet as a Lota
A Medieval Crash
A Gandhian Dream
Evolutionary Craft